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Marhaban !


Je propose ici, en traduction française, trois ouvrages de mon ami le Dr Moustafa Mahmoud (écrivain égyptien contemporain) :
- "Dialogue avec un ami athée"
- "Du doute à la foi"
- "L'Énigme de la mort"
Le troisième ouvrage est inédit en version française.
Quant aux deux premiers, ils ont fait l'objet, dans leur traduction française, d'une première édition à Beyrouth, il y a une trentaine d'années de cela. Malheureusement, sans que j'aie pu contrôler la relecture des épreuves et BAT (bons à tirer), de nombreuses coquilles sont apparues dans le texte.

Ces mêmes coquilles et erreurs ont été très souvent reprises dans des rééditions récentes réalisées à mon insu.

Je me suis évidemment efforcé de les rectifier ici.

Ce faisant, mon seul souci a été de proposer une traduction la plus fidèle et la plus honnête possible, par respect de la pensée de l'auteur.
Par amitié également.

Marc Chartier




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Jeudi 5 octobre 2006

Pourquoi le Coran

n'est pas l'oeuvre de Muhammad
Mon ami me dit en choisissant ses mots :
- Je ne voudrais pas t'offusquer, car je sais à quel point tu vénères le Coran. Je suis d'accord avec toi pour reconnaître qu'il s'agit d'un livre d'une valeur inestimable. Mais pourquoi Muhammad n'en serait-il pas l'auteur ? Qu'un homme de sa trempe écrive un livre d'une telle splendeur n'aurait rien de surprenant. Ce serait même beaucoup plus logique que d'affirmer : « C'est Dieu qui l'a révélé en le faisant descendre des cieux sur les hommes ! » Nous n'avons jamais vu Dieu faire quoi que ce soit de semblable. En outre, nous sommes à une époque où il est difficile de convaincre les hommes de l'existence d'un ange, appelé Gabriel, qui aurait apporté des cieux un livre pour le révéler à un être humain.

Je répondis calmement :

- Bien au contraire ! Nous vivons à une époque où il est on ne peut plus facile de croire à l'existence d'anges invisibles et de vérités pouvant être communiquées aux hommes par révélation. On parle aujourd'hui d'ovnis descendant sur la terre en provenance de lointaines planètes. Il existe des cerveaux électroniques pour diriger les usines, des rayons laser qui tuent, des ondes radio qui atteignent leurs objectifs, des images transformées en ondes électromagnétiques captées par un appareil gros comme un paquet de cigarettes, des caméras pour filmer ce qui invisible à l'oeil nu, des appareils pour voir dans les ténèbres... L'homme marche sur la Lune ; des satellites se posent sur Mars...

Il n'est donc plus étrange d'entendre dire que Dieu a mandaté un être invisible, l'un de ses Anges, pour communiquer sa Révélation à un Prophète. L'existence de Gabriel est même devenue une réalité de second rang, moins surprenante que ce que nous voyons et entendons quotidiennement.

Pour quelle raison Muhammad n'est pas, selon nous, l'auteur du Coran ? Voici : dans sa forme morphologique et syntaxique, avec tout son contenu de connaissances scientifiques ou autres, de secrets révélés, de beauté littéraire et de précision du vocabulaire, le Coran dépasse les capacités d'un auteur humain. Si nous ajoutons que Muhammad était analphabète, qu'il n'a jamais fréquenté l'école et qu'il n'a jamais quitté la péninsule Arabique pour se mêler à une autre civilisation, il est impossible d'émettre le moindre doute ou la moindre question à ce sujet.

Les incrédules de ton espèce qui s'entêtent à prétendre que le Coran a été composé par un homme, Dieu les défie en ces termes :

« Dis : Produisez donc une sourate semblable à ceci

et invoquez qui vous pourrez en dehors de Dieu. » (Coran : 10, 38)

Appelez à l'aide les démons, les anges, les génies de l'humanité, et montrez-moi une sourate semblable à ceci : le défi est toujours lancé et il n'est personne qui ait pu le relever.

Si nous examinons le Coran avec impartialité et objectivité, nous exclurons totalement que Muhammad ait pu en être l'auteur.

S'il en était autrement, Muhammad aurait laissé dans le Coran une trace de ses soucis personnels et de sa tristesse. En une même année, il perdit en effet sa femme Khadîja et son oncle paternel Abû Tâlib, les deux seuls êtres sur lesquels il pouvait s'appuyer en ce monde. Sa douleur fut immense. Or, dans le Coran, aucune mention n'est faite de ces deux êtres chers. Pas le moindre mot. De même, lorsque le Prophète pleure son fils Ibrâhim qui vient de mourir, le Coran reste muet. La personne de Muhammad n'intervient absolument pas.

Qui plus est, les versets coraniques peuvent aller à l'encontre de ce que fait ou pense faire Muhammad. Parfois, c'est une réprimande, comme à propos de cet aveugle dont le Prophète s'était détourné pour s'intéresser aux gens de Quraysh, sa propre tribu :

« Il s'est renfrogné et s'est détourné parce que l'aveugle est venu à lui.

Qui te fera savoir si, peut-être, celui-ci se purifie ou s'il réfléchit de telle sorte que le Rappel

lui soit profitable ? » (Coran : 80, 1-4)

Parfois, c'est un désaveu :

« Il n'appartient pas à un Prophète de faire des captifs

tant que sur, sur la terre, il n'est pas venu à bout des incrédules.

Vous aspirez aux biens de ce monde. Dieu veut, pour vous, la Vie future.

Si une prescription de Dieu n'était pas déjà intervenue,

un terrible châtiment vous aurait atteints à cause des biens dont vous vous êtes emparés. » (Coran : 8, 67-68)

Parfois encore, le Coran ordonne à Muhammad de dire à ses fidèles ce qu'il ne pourrait pas dire s'il parlait de son propre chef :

« Dis : Je ne suis pas un innovateur parmi vos prophètes.

J'ignore ce que l'on fera de moi et de vous. » (Coran : 46, 9)

Il n'existe aucun prophète qui puisse se porter volontaire, de son plein gré, pour dire à ses adeptes : « J'ignore ce que l'on fera de moi et de vous... Je ne détiens, pour vous comme pour moi, ni dommage, ni profit. » La dispersion des adeptes serait inévitable.

Et pourtant, c'est bien ce qui est arrivé à Muhammad. Les Juifs ont utilisé le verset précité comme prétexte pour déclarer : Quelle est l'utilité de ce prophète qui ignore ce que l'on fera de lui et de nous ? Nous n'avons aucun avantage à le suivre.

Si Muhammad avait eu l'initiative du Coran, jamais il n'aurait écrit de tels versets !

 

Un examen minutieux du style coranique nous prouve qu'il est nouveau et unique en son genre. Dans sa cohésion, sa composition et sa structure, il n'a pas son semblable dans la littérature arabe, qu'elle soit antérieure ou postérieure au Coran, à tel point que l'on peut répartir la langue arabe en trois grandes sections : la poésie, la prose et le Coran. Nous sommes en présence d'une langue qui a sa trame propre, sans être de la prose ou de la poésie.

La musicalité de la poésie repose sur le rythme et la rime. Écoutons, par exemple, le poète Ibn al-Abras al-Asadî :

« Aqfara min ahli-hi Abîd

Fa-laysa yubdî wa lâ yu'îd. »

(«Loin des siens qu'il a abandonnés

Dans son silence, Abîd s'est confiné. »)

La musicalité est due ici à la césure et à la rime sur le "d" prolongé. C'est une musicalité externe, alors que celle du Coran est interne :

« Wa d-duhâ wa l-layli idhâ sajâ. »

(« Par la clarté du jour ! Par la nuit, quand elle s'étend ! » - Coran : 93, 1-2)

Aucune césure, aucune rime dans cette simple expression. Et pourtant, la musique filtre à travers elle, provenant de l'intérieur même de la phrase.

Et ces autres versets :

« Rabbi innî wahana l-'azmu minnî

Wa-(i)shata'ala r-râ'su shayban wa lam

Akun bi-du'â'ika Rabbi shaqiyyan. »

(« Mon Seigneur ! Mes os sont affaiblis, ma tête a blanchi.

Mon Seigneur ! Jamais en te priant je n'ai été malheureux » - Coran : 19, 4)

« Taha / Mâ anzalnâ 'alayka l'Qur-âna li-tashqâ /

illâ tadhkiratan li-man yakhshâ /

tanzîlan mim-man khalaqa l'arda wa s'samawâti l'-'ulâ /

ar-Rahmân 'alâ l-'arshi(i) stawâ. »

(« Ta.Ha.

Nous n'avons pas fait descendre sur toi le Coran pour te rendre malheureux,

mais comme un Rappel pour quiconque craint Dieu ;

comme une Révélation de Celui qui a créé la terre et les cieux élevés.

Le Miséricordieux se tient en majesté sur le Trône. - Coran : 20, 1-5)

Lorsque les versets prennent le ton de la menace, la phrase semble construite et sculptée dans le roc. Tel un cliquetis de cuivres qui s'entrechoquent, le rythme devient irritant pour l'oreille :

« Innâ arsalnâ 'alay-him rihan sarsaran fî yawmin nahsin mustamirr(in) /

Tanzi'u n-nâsu ka-anna-hum a'jâzu nakhlin munqa'ir(in). »

(« Nous avons déchaîné contre eux un vent mugissant en un jour interminable et funeste.

Ce vent arrachait les hommes comme s'ils avaient été des souches de palmiers déracinés. » - Coran : 54, 19-20)

Des mots comme sarsaran (« mugissant »), munqa'in(in) (« déraciné »), etc. ont la dureté de la pierre.

Lorsque les versets coraniques annoncent une nouvelle fabuleuse, comme la fin du déluge, le style devient haché. On dirait du morse. Les versets entiers ressemblent à des messages télégraphiques très concis dont l'effet est impressionnant :

« Il fut dit : Ô terre ! Absorbe cette eau qui t'appartient ! Ô ciel ! Arrête-toi ! L'eau fut absorbée, l'ordre fut exécuté. » (Coran : 11, 44)

Dans le choix du mot évocateur, la composition et le rythme de la phrase en fonction du sens à donner ou du sentiment à éveiller, le Coran atteint une variété inégalable. Son style est coulant, sans redondance ni affectation.

 

Poursuivant notre analyse, nous découvrons dans le Coran une très grande précision et une stupéfiante exactitude. La moindre préposition est juste à la place qu'il faut, ni avant, ni après. Il est impossible de remplacer un mot par un autre, ou une préposition par une autre. Chaque mot a été choisi parmi une multitude d'autres, en fonction de critères très précis.

Pour illustrer cette précision extrême, introuvable en aucun autre écrit, remarquons le mot lawâqiha (« chargés de lourds nuages ») dans le verset « Wa arsalnâ r-riyâh lawâqiha » (« Nous avons envoyé les vents chargés de lourds nuages » - Coran : 15, 22). On donnait autrefois à ce mot l'interprétation métaphorique suivante : les vents agitent les nuages et font tomber la pluie qui « féconde » la terre, qui la rend « fertile ». Nous savons aujourd'hui que les vents entraînent les nuages chargés d'électricité positive et qu'ils les projettent à l'intérieur d'autres nuages, chargés d'électricité négative. Cette rencontre produit les éclairs, le tonnerre et la pluie. Selon cette explication, les vents sont à nouveau agents de « fécondation ». Nous savons finalement qu'ils transportent des grains de pollen d'un arbre vers l'autre. Il s'agit alors d'une « fécondation » au sens premier du terme.

Nous voici donc en présence d'un mot qui est exact selon ses acceptions métaphorique, littérale et scientifique, outre son agréable sonorité.

Un autre verset illustrera cette précision dans le choix du mot évocateur :

« Ne dévorez pas à tort vos biens entre vous : n'en faites pas présent [tudlû] aux juges

dans le but de manger injustement une part des biens d'autrui.

Vous le savez parfaitement. » (Coran : 2, 188)

Notons le mot tudlû [« laisser pendre, laisser tomber »]. Bien que le juge, à qui sont remis les biens, soit haut placé, le Coran rétablit la situation. En effet, la main qui reçoit un pot-de-vin, s'agirait-il de la main d'un juge, le reçoit « par-dessous ». D'où l'expression « laisser tomber dans la main des juges » qui traduit avec une éloquence sans pareille la bassesse de celui qui se laisse corrompre.

Dans le verset du jihâd :

« Qu'avez-vous ?

Lorsqu'on vous dit : Élancez-vous sur le Chemin de Dieu,

vous vous êtes appesantis [i-ththâqaltum] sur la terre. » (Coran : 9, 38)

Le Coran emploie le mot (i)ththâqaltum au lieu de tathâqaltum, avec fusion des deux "th" collés l'un à l'autre. Il veut suggérer par là la couardise de ceux qui "collent" au sol et s'y recroquevillent de peur lorsqu'ils sont appelés au combat. La morphologie du mot est donc évocatrice par elle-même.

Le verset relatif au meurtre des enfants pour cause de pauvreté se présente sous deux formes :

« Ne tuez pas vos enfants à cause de votre pauvreté ;

Nous vous accorderons votre subsistance avec la leur. » (Coran : 6, 151)

« Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté ;

Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. » (Coran : 17, 31)

La variante entre ces deux versets n'est pas due au hasard. Elle obéit à des raisons précises. Lorsque le meurtre est voulu « à cause de la pauvreté », cela signifie que les parents vivent actuellement dans la pauvreté. D'où « Nous vous accorderons votre subsistance avec la leur. » Lorsque, par contre, le meurtre des enfants est prémédité « par crainte de la pauvreté », cela signifie que les parents prévoient la pauvreté pour l'avenir. D'où l'allusion faite par le Coran aux enfants en premier lieu : « Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. » De telles nuances ne pouvaient venir à l'esprit d'un auteur humain.

Qu'un mot précède ou suive un autre, il y a toujours une sagesse sous-jacente. À propos du vol, par exemple, le Coran parle de l'homme en premier lieu, et ensuite de la femme. Pour la débauche, c'est l'inverse. La raison est évidente : dans le vol, l'homme joue un rôle plus actif que la femme, alors que dans la débauche, c'est la femme qui prend l'initiative. Dès qu'elle revêt une mini-jupe et qu'elle s'installe devant son miroir pour se parfumer et se maquiller, elle est prête à prendre au piège l'homme qu'elle attend.

« Frappez la débauchée et le débauché de cent coups de fouet chacun. » (Coran : 24, 2)

« Tranchez la main du voleur et de la voleuse. » (Coran : 5, 38)

En quelque seize endroits, le Coran mentionne le sens de l'ouïe avant celui de la vue :

« Il vous a donné l'ouïe, la vue, des viscères. » (Coran : 16, 78)

« Nous leur avons donné des oreilles, des yeux et des coeurs. » (Coran : 46, 26)

« Entends et vois ce qui leur arrivera. » (Coran : 19, 38)

« Il sera assurément demandé compte de tout : de l'ouïe, de la vue et du coeur. » (Coran : 17, 36)

« Vous ne pouviez vous cacher, au point que ni vos oreilles, ni vos yeux

ne puissent témoigner contre vous. » (Coran : 41, 22)

« Rien n'est impossible à Lui !

Il est Celui qui entend et qui voit parfaitement. » (Coran : 42, 11)

C'est toujours l'ouïe qui est mentionnée la première. Il est en effet prouvé qu'elle est plus parfaite et plus fine que le regard. Nous entendons les démons ; nous ne les voyons pas... Les Prophètes ont entendu Dieu et Lui ont parlé, mais personne ne l'a jamais vu. C'est par l'audition que Muhammad a reçu la révélation du Coran... Une mère est capable de distinguer les pleurs de son fils perdu dans la foule, même si elle ne peut distinguer son visage... Durant le sommeil, l'homme continue d'entendre : son oreille reste éveillée alors que ses yeux sont endormis. C'est bien connu : l'examen anatomique de l'appareil auditif prouve que celui-ci est beaucoup plus délicat et précis que l'organe de la vue.

 

Relevons, comme autre exemple, la mention des biens matériels avant les enfants :

« [...] le Jour où ni les richesses, ni les enfants ne seront utiles

sauf pour ceux qui se présenteront à Dieu avec un coeur pur. » (Coran : 26, 88)

« Vos richesses et vos enfants ne sont qu'une tentation,

alors qu'une récompense illimitée se trouve auprès de Dieu. » (Coran : 64, 15)

« Les biens et les enfants des incrédules

ne leur serviront à rien contre Dieu.

Voilà ceux qui seront accueillis dans le Feu

où ils demeureront éternellement. » (Coran : 3, 116)

« Pensent-ils qu'en leur accordant des biens et des enfants,

Nous stimulons leur zèle pour le bien ?

Au contraire, ils n'en ont pas conscience. » (Coran : 23, 55-56)

« Que leurs richesses et leurs enfants ne t'émerveillent pas ;

Dieu ne veut par là que les châtier en cette vie. » (Coran : 9, 55)

« Sachez que la vie de ce monde n'est que jeu, divertissement,

vaine parure, lutte de vanité entre vous,

rivalité dans l'abondance des richesses et des enfants.

Elle est semblable à une ondée :

la végétation qu'elle engendre satisfait les incrédules. » (Coran : 57, 20)

Les exemples identiques abondent. La raison en est que la majorité des gens préfèrent les richesses matérielles aux enfants.

 

Nous remarquons ensuite, dans la grammaire coranique, une précision qui tient à des nuances très fines. Par exemple, dans le verset :

« Wa in tâ'ifatâni min al-mu'minîna

(i)qtatalû fa-(i)slihû bayna-humâ. »

(« Si deux groupes de croyants se combattent,

rétablissez la paix entre eux. » - Coran : 49, 9)

Dans un cas, l'accord avec le mot tâ'ifatâni (« deux groupes ») est fait au pluriel : (i)qtatalû (« se combattent ») ; dans l'autre, il est fait au duel : fa-(i)slihû bayna-humâ (« rétablissez la paix entre eux deux »). La raison de cette variante est très subtile : durant le combat, les deux groupes s'affrontent et deviennent une collection (un « pluriel ») de bras qui battent les uns contre les autres. Au moment de la trêve, ils se séparent à nouveau en « deux » groupes, chacun envoyant son émissaire. D'où la formulation adoptée dans le verset.

 

Dans le Coran, même les prépositions et les conjonctions sont placées ou omises pour des raisons très précises, en fonction d'une intention minutieusement formulée. Par exemple, le mot yas'alûna-ka (« ils t'interrogent ») apparaît très souvent dans le Coran :

« Ils t'interrogent au sujet des aumônes.

Dis : Donnez votre superflu. » (Coran : 2, 219)

« Ils t'interrogent au sujet de l'Esprit.

Dis : l'Esprit procède du Commandement de mon Seigneur. » (Coran : 17, 85)

« Ils t'interrogent au sujet des nouvelles lunes.

Dis : ce sont, pour les hommes, des indications

qui leur permettent de fixer les époques du Pèlerinage. » (Coran : 2, 1889)

Chaque fois, la réponse commence par qul (« dis »). Mais lorsqu'il est question des montagnes dans le verset : « Ils t'interrogent sur sujet des montagnes. Dis [fa-qul] : mon Seigneur les réduira en poudre » (Coran : 20, 105), la réponse commence par fa-qul au lieu de qul. La raison de cette nuance est la suivante : dans les cas précédents, la question avait été effectivement posée, alors qu'il n'en était pas de même dans le dernier cas, puisque le sort réservé aux montagnes fait partie des inconnues de la Résurrection. Dieu semble affirmer : « S'ils t'interrogent au sujet des montagnes, dis alors [fa-qul]... » L'adjonction du fa est due à une raison précise.

 

Dans le verset : « Je suis proche en vérité : quand mes serviteurs t'interrogent à mon sujet, je réponds à l'appel de qui m'invoque... » (Coran : 2, 186), le mot qul est omis, car la question porte sur le Moi divin et Dieu est le plus apte à répondre au sujet de Lui-même.

 

Concernant l'emploi des pronoms personnels « Je » et « Nous », Dieu parle en utilisant le « Nous » lorsqu'est exprimée une Action où sont associés tous les Attributs divins comme la Création, la Révélation, la sauvegarde du Coran, etc.

« Nous avons fait descendre le Rappel ; Nous en sommes le gardien. » (Coran : 15, 9)

« C'est Nous qui vous avons créés.

Si seulement vous reconnaissiez la vérité ! » (Coran : 56, 57)

« Oui, Nous l'avons fait descendre [le Coran]

durant la Nuit du Décret. » (Coran : 97, 1)

« Ne voyez-vous pas comment vous engendrez ?

Est-ce vous qui créez cela, ou bien en sommes-Nous le Créateur ? » (Coran : 56, 58-59)

« Nous les avons créés ;

Nous avons fixé solidement leurs jointures ;

mais lorsque Nous le voudrons,

Nous les remplacerons par des êtres semblables à eux. » (Coran : 76, 28)

Dans les cas précités, le « Nous » traduit un ensemble d'Attributs divins qui sont tous à l'oeuvre dans une intervention grandiose, comme celle de la Création par exemple. Mais lorsque le verset relate un entretien entre Dieu et l'un de ses serviteurs (Moïse, par exemple), c'est le pronom personnel singulier qui est employé :

« Moi, en vérité, je suis Dieu !

Il n'y a de Dieu que Moi.

Adore-moi donc ! Observe la prière en invoquant mon Nom ! » (Coran : 20, 14)

Dans ce cas, Dieu dit « Je », car c'est le Moi divin qui parle et l'attention est attirée sur le fait et la proclamation de l'Unicité divine.

 

Autre exemple de cette extrême précision : deux versets identiques consacrés à la patience. La seule différence tient à l'emploi, dans un cas, de la lettre lam.

Luqmân dit à son fils : « Supporte patiemment ce qui t'arrive : tu feras montre des meilleures dispositions - Inna dhâlika min 'azmi l-umûr. » (Coran : 34, 17)

Et nous lisons dans le second verset : « Mais celui qui est patient et qui pardonne fait montre des meilleures dispositions - Inna dhâlika la-min 'azmi l-umûr. » (Coran : 42, 43)

Le lam de corroboration employé dans le second cas indique une certaine insistance. La patience doit être double lorsqu'elle est exercée dans le cadre d'une hostilité humaine et qu'il est demandé à l'homme de pardonner à son rival. Cette patience est beaucoup plus difficile que celle exigée face au Décret divin qui exclut toute ruse.

 

La même remarque sur l'emploi du lam est à faire en deux versets sur la pluie que Dieu fait tomber et sur les semences qu'Il fait croître :

« Avez-vous considéré l'eau que vous buvez ?

Est-ce vous qui l'avez fait descendre des nuages ?

Ou bien sommes-Nous celui qui la fait descendre ?

Si Nous le voulions, Nous la rendrions saumâtre. » (Coran : 56, 68-69)

« Avez-vous considéré ce que vous cultivez ?

Est-ce vous qui ensemencez, ou bien sommes-Nous le semeur ?

Si Nous le voulions, Nous le rendrions complètement sec.

Law nashâ'u la-ja'alnâ-hu hutâman. » (Coran : 58, 63-65)

Le lam de corroboration est utilisé dans le second cas, car l'insistance est nécessaire. En effet, certains pourraient prétendre qu'il leur possible d'imiter le Créateur en détruisant les semences et en les rendant complètement sèches. Mais nul ne pourrait prétendre qu'il est en son pouvoir de faire tomber des cieux une eau saumâtre. L'affirmation ne nécessite donc pas ici d'être renforcée par le lam.

Nous notons encore la même précision dans la description qu'Abraham fait de son Seigneur :

« Il me fera mourir, puis Il me rendra la vie. » (Coran : 26, 81)

« C'est Lui qui me nourrit et qui me donne à boire – Wa l-ladhî huwa yut'imu-nî wa

yasqî-nî. » (Coran : 26, 79)

Le pronom huwa (« c'est Lui qui... ») est ajouté dans le second verset pour souligner l'Action divine. En effet, n'importe qui pourrait prétendre qu'il peut, lui aussi, donner à manger et à boire à Abraham. Mais personne ne saurait prétendre imiter Dieu dans le fait de faire mourir et de rendre la vie.

 

La justesse de la langue coranique est à nouveau évidente dans l'exemple qui suit. Lorsque Dieu s'adresse aux Musulmans, Il le fait en ces termes : « Souvenez-vous de Moi, Je me souviendrai de vous. » (Coran : 2, 152) Quant aux Juifs, Il leur dit : « Souvenez-vous des bienfaits dont Je vous ai comblés. » (Coran : 2, 40)

Les Juifs dont il est ici question sont en effet des matérialistes qui ne se souviennent de Dieu que pour ses bienfaits et à cause des avantages qu'ils peuvent retirer de Lui. Les Musulmans ont, quant à eux, un coeur plus limpide. Ils savent ce que signifie se souvenir de Dieu pour Lui-même, sans la recherche du moindre intérêt immédiat.

Dieu dit de même à une certaine élite : « Ô vous, les hommes doués d'intelligence, craignez moi ! » (Coran : 2, 197) Puis Il avertit le commun des mortels de cette façon : « Craignez le Feu qui a pour aliment les hommes et les pierres ! » (Coran : 2, 24) Ces derniers ne comprennent en effet que le langage de la peur. Par contre, les hommes doués d'intelligence ont le privilège de comprendre que Dieu est plus puissant que le feu et qu'Il peut, s'Il le désire, en faire un havre de fraîcheur et de paix.

 

Dans le discours qu'Iblîs [Satan] tient à son Seigneur, il lui fait le serment suivant : « Par ta Puissance, je les égarerai tous. » (Coran : 38, 82) Iblîs jure donc uniquement par la Puissance divine. Il prouve ainsi sa perspicacité et son savoir. C'est en effet en vertu de sa Puissance que Dieu n'a pas besoin de ses créatures. Que les hommes croient ou non, ils sont libres. Mais quoi qu'il en soit, ils ne porteront nullement préjudice à Dieu. Sa Toute-Puissance le rend indépendant des créatures et de l'univers entier.

Comment Iblîs s'y prendra-t-il pour tenter les humains ?

« Je les guetterai sur ta Voie Droite, puis je les harcèlerai par-devant et par-derrière,

sur leur gauche et sur leur droite. » (Coran : 7, 16-17)

Il mentionne donc quatre directions, mais il omet « par-dessus » et « par-dessous », car le « dessus » signifie la Seigneurie de Dieu, et le « dessous », l'humilité dans l'adoration. Celui qui se tient constamment dans l'humilité face à la Grandeur de son Seigneur est à l'abri des attaques de Satan.

Iblîs indique en outre que son poste préféré pour accomplir sa basse besogne de tentateur est la Voie Droite, le chemin du bien, le tapis de prière... Celui qui délaisse la prière, l'ivrogne et le querelleur n'ont pas besoin d'Iblîs pour être induits en erreur. Ils se suffisent à eux-mêmes. Ce sont des loques humaines. Iblîs est un voleur rusé qui n'aime pas perdre son temps à rôder autour de maisons en ruines.

 

Dans le Coran, il est fait mention du pardon et de la miséricorde avant le châtiment et la colère.

Dès la première sourate, Dieu est présenté comme « le Miséricordieux » avant d'être « le Roi du Jour du Jugement ». Il est constamment dit de Lui qu'Il réserve son pardon et son châtiment à qui Il veut.

Le pardon divin précède donc son châtiment. Sauf en deux endroits.

Tout d'abord dans un verset relatif à l'ablation de la main du voleur (« Il punit qui Il veut, Il pardonne à qui Il veut » - Coran : 5, 40) parce que cette sanction représente un châtiment temporel qui sera suivi d'un pardon dans l'Au-delà.

Ensuite, dans les paroles de Jésus le Jour de la Résurrection, à propos des infidèles qui l'auront adoré en délaissant Dieu : « Si tu les châties... ils sont vraiment tes serviteurs. Si tu leur pardonnes... Tu es, en vérité, le Puissant, le Juste. » (Coran : 5, 118)

Outre le fait qu'Il cite le châtiment avant le pardon, Jésus ne dit pas : « Tu es, en vérité, le Miséricordieux qui pardonne par bienveillance », étant donné l'extrême gravité de la faute commise.

 

Notre dernier exemple est la manière dont le Coran parle du temps. Dans la bouche du Créateur, le futur est mentionné comme étant du passé, notamment à propos de ce qui arrivera le Jour de la Résurrection :

« On soufflera dans la trompette. » (Coran : 18, 99)

« Le ciel se fendra et sera béant, ce Jour-là. » (Coran : 69, 16)

« Le Feu apparaîtra à ceux qui s'étaient égarés. » (Coran : 26, 91)

« Ils seront présentés en rangs devant ton Seigneur. » (Coran : 18, 48)

Tous les faits, présents et futurs, se sont déjà produits dans la Science divine. Pour Dieu, il n'existe aucun temps qui Lui cache le futur. Dieu est au-dessus du temps et de l'espace. C'est pourquoi nous rencontrons parfois certaines expressions coraniques qui utilisent simultanément deux temps différents et apparemment contradictoires :

« L'Ordre de Dieu arrive !

Ne cherchez pas à hâter sa venue. » (Coran : 16, 1)

L'Ordre est déjà survenu. Il appartient au passé. Et pourtant, Dieu s'adresse aux hommes en leur demandant de ne pas chercher à hâter sa venue, comme s'il s'agissait d'un événement futur. L'explication est la suivante : l'événement s'est déjà produit dans la Science divine, mais pas encore dans celle des hommes. Il n'y a aucune contradiction en cela, mais uniquement la preuve que la langue coranique est méticuleuse et extrêmement précise. Elle est porteuse de significations lointaines et cachées qu'elle exprime avec la plus grande précision.

Une scrupuleuse exactitude dans l'expression, le choix des mots et l'emploi des prépositions (aucune ne manque, aucune n'est superflue, chacune est à la place qui lui revient) : ces qualités, illustrées par nos exemples, n'existent en aucun ouvrage écrit par l'homme. Nous ne les trouvons que dans le Coran.

Le Coran fait par ailleurs parfois allusion à des vérités d'ordre scientifique. Nous aborderons ce vaste sujet dans le chapitre qui suit.
par Marc Chartier publié dans : Dialogue avec un ami athée
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Jeudi 5 octobre 2006
Il est impossible

que le Coran soit une oeuvre humaine
Cher ami, ce que je te dirai aujourd'hui des rapports entre le Coran et la science va passionner, plus que notre précédent entretien, ton esprit scientifique.

L'astronomie moderne, la physique nucléaire, la biologie et l'anatomie n'existaient pas à l'époque où, il y a plus de 1 300 ans de cela, furent révélés les versets coraniques relatifs au cosmos. Et pourtant, lorsqu'il y est question des cieux, de la terre, des étoiles, des planètes, de la création de l'embryon et de la formation de l'homme, ces versets sont en accord avec les sciences les plus récentes.

Venu, en tout premier lieu, transmettre un dogme, une éthique et une loi, le Coran n'a pas traité de ces sujets dans tous leurs détails et avec toute la clarté d'un ouvrage scientifique spécialisé. Sinon, il aurait heurté les Arabes qui n'entendaient rien à ce genre de propos. Il a donc eu recours à un style allusif, sous forme d'aperçus rapides que les sciences et les découvertes à venir se chargeraient d'expliciter, plusieurs centaines d'années plus tard. Ainsi, de génération en génération, les humains y verraient des signes miraculeux prouvant que le Coran a réellement été révélé par le Dieu de Vérité.

« Nous leur manifesterons bientôt nos Signes,
dans l'univers et en eux-mêmes,
jusqu'à ce qu'ils voient clairement
que ceci est la Vérité.
Ne te suffit-il pas que ton Seigneur
soit témoin de toute chose ? » (Coran : 41, 53)
Il n'a donc pas suffi aux infidèles que Dieu fût témoin de la véracité de son Livre. Il a dû, comme Il le déclare Lui-même, leur montrer d'autres signes révélateurs.
De jour en jour et toujours plus, le Coran continue de nous dévoiler ces signes.
Il affirme très clairement que la terre est ronde, utilisant entre autres le mot "enrouler" pour décrire la nuit et le jour comme deux demi-sphères glissant autour du globe :
« Il enroule la nuit sur le jour
et Il enroule le jour sur la nuit. » (Coran : 39, 5)

Le Coran décrit plus précisément la terre comme étant de forme ovale :
« Il a ensuite étendu [dahâ] la Terre. » (Coran : 79, 30)
Le verbe dahâ est le seul mot du dictionnaire signifiant qu'une chose est à la fois plate et arrondie. Or l'on sait très bien que la terre est apparemment plate, mais qu'elle est ronde en réalité. Elle a plus exactement la forme d'un oeuf.
Nous lisons ensuite une claire allusion au fait que les montagnes flottent dans les airs et donc qu'il en est de même pour la terre, celle-ci ne formant qu'un tout avec ses montagnes :
« Tu verras les montagnes,
que tu croyais immobiles,
passer comme des nuages.
C'est une oeuvre de Dieu :
Il a bien fait toute chose. » (Coran : 27, 88)

Les montagnes paraissent fixes et immobiles. En fait, elles flottent dans les airs comme les nuages. Cette comparaison fait d'ailleurs allusion à une autre réalité : de même que les nuages se composent de gouttelettes, la matière est constituée de minuscules parcelles, à savoir les atomes.
Le Coran parle en outre de la succession dans le temps du jour et de la nuit, du début à la fin de la Création :
« Le soleil ne peut rattraper la lune,
ni la lune devancer le jour. » (Coran : 36, 40)
La rotondité de la terre est à nouveau indiquée ici, puisque le jour et la nuit ont commencé ensemble, comme deux demi-sphères, dès l'instant où Dieu créa l'univers.
Lorsque surviendra le Dernier Jour, la terre sera plongée dans le jour et la nuit confondus, comme au commencement des temps :
« Quand la terre revêt sa parure et s'embellit,
ses habitants s'imaginent posséder un pouvoir sur elle.
Notre Ordre vient alors, de nuit ou de jour ;
Nous en faisons un champ de moisson,
comme si, la veille, elle n'avait pas été florissante. » (Coran : 10, 24)

« De jour ou de nuit » confirme cette succession dans la temps qui ne peut s'expliquer que si une moitié de la terre, en vertu de la rotondité de celle-ci, est plongée dans les ténèbres, ne recevant pas la lumière du soleil, alors que l'autre moitié est exposée au soleil et illuminée. Si la terre était plate, elle n'aurait qu'une seule face et il ne serait plus exact de dire que « la nuit ne peut devancer le jour ».

La multiplication des Orients et des Occidents dont parle le Coran est également riche de sens. Dieu est décrit comme « le Seigneur des Orients et des Occidents » (Coran : 70, 40 ), comme « le Seigneur des deux Orients et le Seigneur des deux Couchants». (Coran : 55, 17). Or, si la terre était une surface plate, il n'y aurait ni Orient, ni Occident. La plus grande distance sur cette terre ne serait pas celle séparant deux Orients, comme l'indiquent les paroles de l'homme à son démon le Jour de la Résurrection :

« Hélas ! Si seulement il y avait entre moi et toi la distance qui sépare les deux Orients ! » (Coran : 43, 38)

Dans la description qu'en donne le Coran, les cieux sont dits « traversés de raies » ( 51, 7) : ils possèdent des sentiers, des voies, des espaces. Il est dit aussi qu'ils « font revenir ». (86, 11) Les cieux rendent en effet à la terre tout ce qui s'élève vers eux : la vapeur d'eau sous forme de pluie ; les corps, grâce à l'attraction terrestre ; les ondes radio renvoyées par l'ionosphère ; les rayons infrarouges qui réchauffent la terre durant la nuit.

De même qu'ils renvoient tout ce qui est projeté vers eux à partir de la terre, les cieux absorbent, renvoient et dispersent tout ce qui leur provient de l'univers extra-terrestre, protégeant ainsi la terre des rayons mortels qui la bombardent (rayons cosmiques, rayons ultraviolets). Ils servent de couverture :

« Nous avons fait du firmament une voûte protectrice. » (Coran : 21, 32)

« Et le ciel ? Nous l'avons solidement construit
et lui avons donné de vastes proportions. » (Coran : 51, 47)
C'est ce phénomène auquel on donne aujourd'hui le nom d'expansion continue de l'univers.

Au temps où le Coran fut révélé, le poids de l'atome était connu comme le plus petit possible. L'atome était décrit comme une particule élémentaire indivisible. Puis le Coran est apparu, parlant de poids plus petits encore. Ce fut le premier livre à mentionner l'existence de quelque chose de plus petit que l'atome:

« Le poids d'un atome ne Lui échappe ni dans les cieux, ni sur la terre ;
il n'existe rien de plus petit ou de plus grand que cela
qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. » (Coran : 34, 3)

En termes très clairs, tous ces aperçus sont révélateurs de vérités étonnantes (rotondité de la terre, nature des cieux, nature de l'homme...), si l'on tient compte du fait que jadis, à l'époque de la Révélation coranique, de telles vérités ne pouvaient venir à l'esprit d'aucun homme, sensé ou fou.
Sur la création de l'homme, le Coran fait à nouveau preuve d'une scrupuleuse exactitude. Il parle de la goutte de sperme qui, à elle seule, détermine le sexe de l'enfant à naître :
« Dieu a créé le couple, mâle et femelle, d'une goutte de sperme,
après qu'elle a été semée. » (Coran : 53, 45)
C'est seulement depuis peu que nous sommes parvenus à la connaissance de cette vérité biologique : la tête du spermatozoïde, et elle seule, contient les facteurs déterminant le sexe.

Sur le mode d'un défi lancé à propos de la résurrection des corps, Dieu rappelle qu'Il est capable de restituer à chaque homme ses phalanges, et même ses empreintes digitales :

« L'homme pense-t-il que Nous ne rassemblerons pas ses ossements ?
Oui ! Nous avons le pouvoir de remettre en place ses phalanges. » (Coran : 75, 3-4)
Le Coran sous-entend ici une réalité que tout un chacun peut constater : il n'y a pas deux empreintes digitales qui se ressemblent.

Selon le Coran, la plus fragile des demeures est celle de l'araignée. Dieu ne dit pas le « fil » de l'araignée, mais sa « demeure », car le fil de l'araignée, comme on sait, est quatre fois plus résistant que tout autre. La fragilité réside uniquement dans la demeure, celle-ci étant le pire des abris pour qui s'y réfugie. Elle est un piège pour les intrus qui y tombent. Elle est meurtrière, y compris pour ses habitants. L'araignée femelle mange son mâle après la fécondation, et ses petits après l'incubation.

Dieu ne pouvait donner exemple plus parlant de mauvais abri et d'issue fatale. Or, tel est le sort de qui cherche un refuge en dehors de Dieu. C'est ce que suggère éloquemment le verset suivant :

« Ceux qui prennent des maîtres en dehors de Dieu
sont semblables à l'araignée :
celle-ci s'est façonné une demeure
mais la demeure de l'araignée est la plus fragile des demeures. » (Coran : 29, 41)
Ce verset se termine par : « S'ils savaient ! », indiquant par là qu'il s'agit d'une science qui apparaîtra plus tard. Et en effet, c'est bien après que ces mystères de la biologie furent découverts.

Nous lisons dans la sourate de la Caverne :

« Ils restèrent dans leur caverne trois cents ans, auxquels sont ajoutées neuf années. » (Coran : 18, 25)

Or l'on sait maintenant que 300 années du calendrier solaire correspondent exactement à 309 années du calendrier lunaire, au jour, à la minute, à la seconde près.

Dans la sourate Marie, Dieu dit :

« Les douleurs de l'enfantement surprirent Marie auprès du tronc du palmier.
Elle dit : Malheur à moi ! Que ne suis-je déjà morte, totalement oubliée !
L'enfant qui se trouvait à ses pieds la rassura : Ne sois pas triste ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. Secoue vers toi le tronc du palmier ; Il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, rafraîchis-toi et cesse de pleurer. » (Coran : 19, 23-26)

Pourquoi des dattes fraîches ? Est-ce une pure coïncidence ? Un simple mot pris au hasard ? Une étude récente sur ce fruit révèle qu'il contient un élément qui, contractant l'utérus, facilite l'accouchement et contribue à empêcher une éventuelle hémorragie, exactement comme l'oxytocine. Il contient également un élément laxatif. Or l'on sait que, médicalement parlant, les laxatifs végétaux contribuent, en nettoyant le côlon, à faciliter l'accouchement et à en garantir le bon déroulement.
Compte tenu de ce qu'affirme la science sur les propriétés des dattes fraîches, on ne peut que noter la pertinence du fait de manger de ce fruit au moment même des premières douleurs de l'accouchement.
Ces exemples de précision scientifique, métaphorique et littérale illustrent ce que Dieu veut faire comprendre lorsqu'Il décrit le Coran ainsi :

« L'erreur ne s'y glisse de nulle part. » (Coran : 41, 42)
« Si celui-ci venait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient maintes contradictions. » (Coran : 4, 82)
Ils y trouveraient des contradictions entre versets, concernant des vérités établies ensuite par les sciences. Nous rencontrons en effet constamment ce genre de contradictions dans les livres écrits par les hommes. C'est pourquoi les auteurs doivent apporter des ajouts, des suppressions et des modifications aux nouvelles éditions de leurs ouvrages. Les théories se suivent et se démentent mutuellement. Quel que soit son souci de précision, un auteur tombe toujours dans la contradiction. Autant de défauts que nous ne rencontrons pas dans le Coran !
À partir d'un tel constat, le Coran apparaît comme miraculeux. Il nous informe sur un passé qui n'a pas été consigné par l'histoire. Il prédit un avenir qui demeure encore caché.
Les multiples prédictions du Coran se sont avérées exactes. Par exemple, dans le verset suivant :

« Les Rûm ont été vaincus dans le pays voisin ;
mais ils seront vainqueurs quelques années après leur défaite. » (Coran : 30, 2-4)
Le mot « quelques » signifie un chiffre entre 3 et 9. Effectivement, la victoire des Rûm est survenue après sept années.

Il en fut de même pour la victoire de Badr :
« Cette assemblée sera dispersée et ils tourneront le dos. » (Coran : 54, 45)
Ou encore pour la vision de l'entrée à La Mekke :
« Oui, Dieu confirme la véracité de la vision accordée à son Prophète.
Vous pénétrerez donc en sécurité dans la Mosquée sainte - si Dieu le veut - , la tête rasée et les cheveux coupés, et vous serez sans crainte. » (Coran : 48, 27)
Et il en fut ainsi.
Des prédictions coraniques ne cessent de se réaliser sous nos yeux. Écoutons l'invocation adressée par Abraham à son Seigneur :
« Mon Seigneur !
J'ai établi une partie de mes descendants dans une vallée stérile, auprès de la Maison sacrée.
Ô notre Seigneur ! Afin qu'ils s'acquittent de la prière, fais en sorte que les coeurs de certains hommes s'inclinent vers eux. Accorde-leur des fruits pour qu'ils puissent se nourrir. Peut-être, alors, seront-ils reconnaissants. » (Coran : 14, 37)
Dans sa prière, Abraham sollicite l'aide divine pour que la vallée stérile puisse vivre. C'est alors que Dieu promet aux habitants de La Mekke qu'Il leur accordera l'abondance et la richesse.
Lorsque Dieu leur intime l'ordre d'empêcher les infidèles de visiter la Maison sacrée [la Ka'aba], les Mekkois craignent la ruine économique et la perte de leur clientèle, car leur commerce dépendait du Pèlerinage. Pour les rassurer, Dieu leur dit :
« Si vous craignez la pénurie,
Dieu vous enrichira bientôt de ses bienfaits. » (Coran : 9, 28)
Nous voyons cette promesse se réaliser aujourd'hui sous nos yeux, dans le pétrole qui jaillit à flots du désert et dont les prix montent de jour en jour. Ou encore dans les mines d'uranium que cachent ces déserts et qui représentent une source de richesses inépuisable.
Le Coran nous parle des démons et des anges en des termes très mystérieux, quasi indéchiffrables, dont n'ont découvert la portée que certains mystiques très expérimentés. Mais s'ils perçoivent quelque explication, s'ils parviennent à élucider quelque mystère, cela coïncide toujours avec les affirmations coraniques.
Pour ce qui concerne la politique, la morale, les systèmes de gouvernement, la guerre, la paix, l'économie, la société, le mariage et la vie conjugale, c'est toujours le Coran qui a le dernier mot.
En ces domaines, il nous apporte une législation parfaite qui a précédé la Déclaration des Droits de l'Homme, et cela, dans un style unique et un mode d'expression superbe, avec une beauté littéraire et une éloquence qui en font un chef-d'oeuvre inégalable dans l'histoire de la langue arabe.
Lorsqu'on interrogea Ibn al-'Arabî sur le secret du caractère inimitable du Coran, il répondit d'un mot : le Coran est la « Vérité absolue ». Par contre, le plus que puisse faire un auteur humain, c'est de parvenir à une vérité relative. Le maximum de ce à quoi il puisse prétendre, c'est de transcrire fidèlement ce qu'il perçoit. Or le champ de vision de l'homme est toujours restreint ; il change constamment. Chacun d'entre nous peut cerner un aspect de la vérité, mais d'autres aspects lui échappent. Il regarde sous un angle précis, manquant ainsi les autres faces de la réalité. La vérité à laquelle il parvient est toujours relative.
Dieu seul possède la Science totale et un Regard parfait. Lui seul est capable de détenir la Vérité absolue. Puisque le Coran exprime cette Vérité absolue sur toute chose, cela nous amène à conclure qu'il provient de Dieu.
À ceux qui le questionnèrent sur le Coran, Muhammad répondit :
- Il vous informe sur ce qui fut avant vous ; il donne un jugement péremptoire sur les divergences qui existent entre vous ; il vous annonce ce qui viendra après vous. Il est la Parole décisive qui n'a rien d'un discours frivole. Il est le Sage Rappel. Il est l'indéfectible Alliance de Dieu. Il est le Droit Chemin. Quiconque le délaisse par arrogance, Dieu le broie. Quiconque cherche la Droite "Guidance" en dehors de lui, Dieu l'égare. Avec lui, les langues ne se trompent pas et les esprits ne se fourvoient pas. L'abondance de ses réponses ne l'épuise pas et les savants n'en sont jamais rassasiés. Ses merveilles ne tarissent pas.
Cher ami, tel est notre Livre.

Toutes ces qualités qu'il possède nous interdisent de penser qu'il ait pu être écrit par un homme.
par Marc Chartier publié dans : Dialogue avec un ami athée
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Mercredi 4 octobre 2006

 

Le Coran à l'épreuve du doute

Mon ami repartit à l'attaque :
- Tu as beau dire tout ce que tu voudras, le Coran se contredit lui-même ! La preuve avec les versets suivants :

« Que celui qui le veut croie

et que celui qui le veut reste incrédule. » (Coran : 18, 29)
« Vous ne le voudrez
que si Dieu le veut. » (Coran : 76, 30)
Il est dit que les pécheurs seront interrogés lors du Jugement :
« Leur témoignage est consigné par écrit ;

ils seront interrogés. » (Coran : 43, 19)
« Ceci est un Rappel pour toi et ton peuple ;
vous serez bientôt interrogés à son propos. » (Coran : 43, 44)
Par contre,
« Les coupables ne seront pas interrogés sur leurs péchés. » (Coran : 28, 78)
« Les pécheurs seront reconnus à leurs marques ;
ils seront saisis par les cheveux et les pieds. » (Coran : 55, 41)
Le Coran affirme que personne ne sera enchaîné comme un criminel et que « nul ne chargera personne de chaînes ». (89, 26) Chacun assumera son propre châtiment.

« Nous attachons au cou de chaque homme son destin.
Le jour de la Résurrection, nous lui présenterons un livre qu'il trouvera ouvert : Lis ton livre ! Il suffit aujourd'hui pour rendre compte de toi-même. » (Coran 17, 13-14)
Mais nous lisons par ailleurs :
« Attachez-le, ensuite, avec une chaîne de soixante-dix coudées. » (Coran : 69, 32)


Je répondis :
- Il n'existe, dans ces versets, aucune contradiction. Réfléchissons ensemble !

« Que celui qui le veut croie et que celui qui le veut reste incrédule »
: ce verset indique clairement que l'homme est libre de choisir comme il l'entend. Cependant, sa liberté n'est pas dérobée à Dieu. Nous ne la conquérons pas de force. C'est Dieu qui nous l'a donnée, selon sa Volonté. D'où le verset suivant : « Vous ne le voudrez que si Dieu le veut. » La liberté du serviteur est à l'intérieur même de la Volonté de son Seigneur ; elle n'existe pas indépendamment d'elle.

Certes, la liberté humaine peut déplaire à Dieu en choisissant le péché, mais elle ne peut aller à l'encontre de cette Volonté puisque c'est d'elle que dépend son existence.
Nous avons déjà expliqué ce point délicat à propos du problème de la prédétermination divine. Nous avons affirmé que cette prédétermination et la liberté humaine sont indissociables. Ce que Dieu choisit pour l'homme correspond à l'intention née du coeur humain. Dieu veut pour l'homme exactement ce que l'homme a délibérément choisi pour lui-même en son for intérieur. L'homme est prédestiné à l'objet de son propre choix. Aucune contrainte en cela, aucun dualisme, aucune contradiction ! Prédestination et libre arbitre ne font qu'un. C'est là l'une des questions les plus délicates concernant la compréhension de l'énigme de la prédestination. Mais en parlant, comme tu le fais, de contradiction, tu évacues en fait le mystère.
Quant aux versets relatifs au Jugement, chacun d'entre eux vise un groupe différent. Certains hommes, en effet, seront interrogés et on leur demandera d'avouer leurs actes. Il en est d'autres dont les fautes seront si nombreuses qu'ils seront trahis par leur visage : ils seront reconnus à leurs marques, puis saisis par les cheveux et les pieds. D'autres, qui s'obstineront à nier, auront à subir le témoignage de leurs mains et de leurs pieds :

« Ce Jour-là, nous mettrons un sceau sur leurs bouches, mais leurs mains nous parleront et leurs pieds témoigneront de ce qu'ils auront fait. » (Coran : 36, 65)
D'autres encore seront leurs propres juges : ils infligeront à leur âme le supplice du remords et les seules chaînes auxquelles ils seront attachés seront celles de l'affliction.
Il y a enfin les grands criminels, les tyrans odieux : si importante que soit l'Heure du Jugement, ils affronteront Dieu en ayant recours aux serments et aux mensonges :
« Le Jour où Dieu les ressuscitera tous,
ils Lui feront des serments comme ils vous en faisaient,
pensant ainsi s'appuyer sur quelque chose de solide.

Ne sont-ils pas menteurs ? » (Coran : 58, 18)
Ceux-là seront traînés face contre terre et solidement liés à leurs chaînes, celles-ci étant, d'après Abû Hamîd al-Ghazâlî, celles des causes ("l'enchaînement causal").
Quel est ton avis sur les versets coraniques qui traitent de la Science divine ?

« La Science de l'Heure appartient à Dieu.
Il fait descendre la pluie diluvienne.

Il sait ce que renferme le sein des mères.

Nul ne sait ce qu'il acquerra demain ;

nul ne sait en quelle terre il mourra. » (Coran : 31, 34)

Le Coran ajoute que cette Science est détenue exclusivement par Dieu :

« Il possède les clés du mystère

que Lui seul connaît parfaitement. » (Coran : 6, 59)

- Que penses-tu alors du gynécologue qui peut connaître à l'avance le sexe d'un enfant que la mère porte encore en son sein ? Ou bien de ces savants qui, en ayant recours à la chimie, produisent artificiellement la pluie ?
- Le Coran n'a pas parlé d'une pluie ordinaire, mais de la pluie « diluvienne », de cette pluie si abondante qu'elle suffit à changer le destin d'un pays entier en lui apportant le secours nécessaire et en transformant son sol aride en terres fertiles et riches. Une telle pluie ne peut être provoquée artificiellement.

Oui, Dieu sait ce que peut renfermer le sein d'une mère. Sa Science ne se limite cependant pas à la connaissance du sexe du futur nouveau-né : elle est universelle ; elle englobe tout. Dieu sait à l'avance qui sera cet enfant à naître, ce qu'il deviendra, ce qu'il fera de sa vie et quelle sera son histoire, du jour de sa naissance à celui de sa mort. Une telle science n'est pas à la portée du médecin.
- Et maintenant, quelle est cette histoire de Siège divin dont vous affirmez qu'il « s'étend sur les cieux et sur la terre » ? Quel est ce Trône qui serait porté par huit anges ?

- Ton intelligence, à toi, pauvre homme insignifiant, s'étend aux dimensions de la terre et des cieux. Comment ne pourrait-il pas en être de même pour le Trône divin ? La terre, le soleil, les planètes, les étoiles et les galaxies sont portées par la Puissance de Dieu dans l'espace. Comment peux-tu t'étonner qu'un trône y soit aussi porté ?

- Mais quel est ce Siège ? Et ce Trône ?

- Dis-moi tout d'abord ce qu'est un électron et je te dirai ce qu'est ce Siège divin ! Dis-moi ce que sont l'électricité, la gravitation, le temps... Tu ignores tout de toute chose et tu me demandes